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Sélection nationale

Six aide le Togo à tourner la page

Deux années après la tragédie de Cabinda qui avait ébranlé le football africain lors de la CAN 2010, le Togo est déterminé à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Le football togolais a eu beaucoup de mal à se remettre de cet événement tragique. Depuis janvier 2010, il n’a en effet gagné que deux matches sur 15 rencontres internationales. Dans les qualifications pour la CAN 2012, il a terminé à 11 points du leader de son groupe.

Didier Six a été chargé de remettre les choses dans l’ordre et a a pris les rênes de la sélection peu de temps avant la double confrontation contre la Guinée-Bissau, en qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™. "Cabinda ne pourra jamais être effacé de la mémoire du football togolais. Suite à ce drame, les joueurs sont tombés dans une spirale négative, un cercle vicieux", explique le légendaire ailier gauche de la France, qui a participé aux phases finales 1978 et 1982 de la Coupe du Monde de la FIFA™. "Mais je crois que ces deux matches contre la Guinée-Bissau nous ont aidés à tourner la page."
Le retour du buteur
L’une des conséquences de l’arrivée de Six a été le retour d’Emmanuel Adebayor, qui avait mis un terme à sa carrière internationale après Cabinda. Le meilleur buteur de l’histoire du football togolais a fait son retour à l’occasion de la deuxième manche contre la Guinée-Bissau, remportée 1:0 par les Éperviers à Lomé, mais l’attaquant de Tottenham laisse planer le doute sur son futur international. "Évidemment, nous espérerons toujours avoir Adebayor parmi nous. Cela dit, nous devons aussi apprendre à composer sans lui", tempère Six. "Le Togo possède d’autres joueurs de qualité, auxquels nous pouvons faire appel. Il faudra leur faire confiance et leur donner la possibilité de réussir quelque chose en tant qu’équipe. On ne peut pas être dépendant de la présence ou de l’absence de certains joueurs."
Au cours des six mois depuis son arrivée aux commandes, Didier Six a pu repérer les qualités de son effectif. "Je dispose d’un très bon groupe. Ce sont des joueurs sur qui je peux compter, et qui peuvent compter les uns sur les autres. Ils ont de l’ambition. Ils veulent arriver à quelque chose ensemble. Regardez ce qu’a fait Alain Giresse au Gabon", poursuit Six, en référence à son coéquipier du milieu de terrain tricolore, à Espagne 1982. "Il est toujours apprécié là-bas. Il est de la même génération que moi. Nous avons beaucoup d’ambition, mais nous ne brûlons pas les étapes. Nous commençons par les fondations, et nous savons qu’un édifice ne se bâtit pas du jour au lendemain."
La Zambie comme modèle
Ne pas brûler les étapes, c’est précisément ce que fait depuis plusieurs années la Zambie, championne d’Afrique en titre. Une surprise qui n’en est pas une, selon Six. "La Zambie a montré qu’on pouvait aller très loin avec un bon esprit d’équipe."
Cela viendra, à condition de ne pas trop tarder à obtenir des résultats positifs. Le premier test grandeur nature pour le Togo aura lieu début juin, avec la venue de la Libye, suivie d’un déplacement en RD Congo dans la phase de groupes des qualifications pour Brésil 2014. Ensuite, le Togo essaiera d’effacer sa défaite 1:2 au Kenya dans les qualifications pour la CAN 2013. "Nous ne sommes pas dans un groupe facile", annonce le Français. "Il y a le Cameroun, la RD Congo entraînée par Claude Le Roy et la Libye, qui était présente à la dernière CAN. Toutes les équipes se tiennent, la mieux organisée se qualifiera."

Qualifié pour la première fois pour l’épreuve mondiale en Allemagne en 2006, le Togo ne pense pas encore à Brésil 2014. En revanche, une victoire sur le Kenya mettrait le pays en position idéale pour disputer la CAN 2013 en Afrique du Sud. Les Éperviers ont besoin d’air frais. Rien de tel qu’une participation à une grande compétition internationale pour en obtenir.

Source : fifa.com